Histoire de la famille
La famille doit son nom à Chypre, lancé par François Coty en 1917, qui a fixé l’accord bergamote, mousse de chêne et labdanum. Le mot évoque l’île, réputée depuis l’Antiquité pour ses résines aromatiques. Deux ans plus tard, Jacques Guerlain signe Mitsouko, chypre fruité à la pêche qui reste l’un des monuments de la parfumerie. Pendant la guerre, Edmond Roudnitska compose Femme pour Rochas, en 1944, où la prune se fond dans la mousse. En 1947, Miss Dior accompagne le New Look avec un chypre vert. Chanel Pour Monsieur, en 1955, prouve que l’accord convient aussi à l’homme. À partir des années 2000, les restrictions de l’IFRA sur la mousse de chêne imposent des reformulations. Les parfumeurs répondent par le « néo-chypre », où le patchouli purifié prend le relais, comme dans Coco Mademoiselle en 2001.
Les sous-familles
Le chypre floral met une fleur au premier plan, rose ou jasmin, sur le socle moussu. Le chypre fruité ajoute pêche ou prune, dans la lignée de Mitsouko et Femme. Le chypre vert, porté par le galbanum, est plus mordant, comme Miss Dior des origines ou N°19. Le chypre cuir associe l’accord à des notes animales. Le néo-chypre moderne, enfin, remplace la mousse par un patchouli propre et une touche fruitée, comme Sì ou Aventus. Ces variantes gardent toutes le même contraste entre fraîcheur et profondeur.
Comment la porter
Le chypre est un parfum d’allure, qui se porte bien avec une tenue structurée. Il convient à l’automne et au printemps, quand l’air frais met en valeur sa sécheresse. Une seule vaporisation à la base du cou suffit souvent : sa tenue est longue et son sillage ne cherche pas le volume, plutôt la netteté.

