Mousse de chêne : quelle odeur ?
La mousse de chêne sent la forêt après la pluie : écorce mouillée, terre, fougère, avec une nuance d’encre, de cuir et une légère salinité marine. Il y a aussi quelque chose de doux, presque sucré et poudré, qui la rend enveloppante. Sur la peau, elle se développe lentement et forme un fond vert sombre, très tenace, qui lie les agrumes et les fleurs dans une harmonie à la fois fraîche et profonde. C’est l’odeur du chypre classique.
Origine et fabrication
La mousse de chêne (Evernia prunastri) est un lichen récolté principalement dans les Balkans, au Maroc et en France. On en tire une concrète puis une absolue par extraction aux solvants. Elle devient la base de l’accord chypre avec Chypre de Coty en 1917. Contenant des allergènes, l’atranol et le chloroatranol, elle fait l’objet de restrictions strictes : les parfumeurs utilisent désormais des qualités à faible teneur en atranol et des substituts de synthèse comme l’Evernyl.
L'usage en parfumerie
La mousse de chêne se place en fond, où elle structure et prolonge la composition. Avec la bergamote et le labdanum, elle forme l’accord chypre ; avec la lavande et la coumarine, l’accord fougère. Mitsouko de Guerlain, en 1919, en fait l’une des bases de son chypre fruité à la pêche ; Miss Dior de Dior l’allie au galbanum et au patchouli ; Eau Sauvage de Dior l’utilise pour ancrer sa fraîcheur hespéridée.
Comment la porter
La mousse de chêne se porte en automne et au printemps ; elle séduit les amateurs de parfums classiques, élégants et un peu sophistiqués.

