Notre lecture
Comment sent Mon Paris ?
Mon Paris, lancé en 2016, raconte l’ivresse d’un amour naissant dans la capitale, sous la signature d’Olivier Cresp, Harry Frémont et Dora Baghriche. L’ouverture est franchement fruitée : fraise, framboise et poire forment un sirop acidulé, presque confit. Le cœur apporte une floralité plus trouble, avec une pivoine fraîche, un jasmin solaire et surtout le datura, fleur blanche narcotique qui donne un relief capiteux au sucre. Le fond de patchouli, de musc et d’ambroxan construit un socle boisé, chaud et diffusant, qui tient la gourmandise en respect. Le résultat est un floral fruité moderne, séducteur et très lisible, pensé pour être remarqué.
Quand le porter
Pour les rendez-vous et les soirées, surtout par temps frais ; il plaît aux jeunes femmes qui aiment les fruités intenses.
L'histoire de Mon Paris
Mon Paris sort en 2016 chez Yves Saint Laurent Beauté, marque du groupe L’Oréal, deux ans après Black Opium. Le marché féminin vit alors dans le sillage de La Vie est Belle, lancé par Lancôme en 2012 : fruits, patchouli et sucre à haute dose. Le nom répond à Paris, le grand floral rosé de la maison sorti en 1983. Le clin d’œil est assumé, mais le parfum n’a presque rien en commun avec son aîné. L’égérie est l’actrice américaine Dakota Johnson, que Cinquante nuances de Grey venait de rendre célèbre. Son image de jeune femme libre colle au propos d’un amour passionné. Le flacon facetté laisse voir un liquide rose-mauve qui tranche avec le noir de Black Opium. Trois parfumeurs travaillent sur la formule, dont l’accord fraise-patchouli devient la marque de fabrique. Le succès appelle des déclinaisons, dont une version Intensément. Mon Paris a surtout confirmé la stratégie de la maison : des féminins très lisibles, pensés pour une clientèle jeune et internationale.
Notre avis détaillé
Fraise et framboise démarrent fort, avec un côté bonbon acidulé qui peut surprendre : c’est sirupeux, pas frais. La poire apporte une petite note juteuse qui disparaît vite. Au bout de trente minutes, la pivoine et le datura changent la donne. Le datura se perçoit surtout comme une ombre blanche et crémeuse sous le fruit. Après deux heures, le patchouli et l’ambroxan prennent la main et le parfum devient un fruité boisé chaud qui ne quitte plus la peau. Ce qui est réussi : la tenue et la lisibilité, on sait en une seconde ce qu’on porte. Ce qui l’est moins : l’ambroxan donne au fond une rugosité boisée un peu synthétique, et la fraise ne s’efface jamais vraiment. Il ira à une femme qui assume le sucre et veut être remarquée à un rendez-vous ou en soirée. Il déplaira à qui trouve les fruits rouges enfantins ou préfère les floraux transparents.
Mon Paris face à ses rivaux
Signorina de Ferragamo partage la poire et la pivoine, le jasmin et le patchouli, plus le musc. Sur le papier, c’est son plus proche parent. Sa panna cotta et son cassis le rendent plus lacté et plus sage, là où Mon Paris pousse le fruit rouge. Coach, sorti la même année, garde framboise et poire. Il les pose sur un fond de cashmeran et de santal plus doux, presque cotonneux et bien moins sucré. Her de Burberry est le plus fruité des trois avec mûre, framboise et fraise. Son cacao sec et sa violette lui donnent pourtant une finale plus poudrée. Choisissez Mon Paris pour un sillage de soirée qui tient. Coach convient mieux au quotidien. Her plaira si vous aimez la confiture de baies.
Tenue, sillage et usage
Sur la tenue, rien à redire : cette eau de parfum d’intensité 4 sur 5 dure six à neuf heures sur peau dans la plupart des cas, davantage sur un vêtement. Le sillage est marqué durant les deux premières heures, puis reste perceptible à courte distance. Deux pulvérisations suffisent, dans le cou et sur un poignet. Une troisième rend la fraise envahissante en intérieur. Il est le plus à l’aise de l’automne au printemps, le soir ou pour un rendez-vous. En journée, une seule pulvérisation passe. En été, le sucre devient pesant.
Classé dans la famille floral , Mon Paris fait partie des 12 créations de Yves Saint Laurent présentées dans notre encyclopédie.