Flacon de N°5 Chanel

Chanel · 1921

N°5

Un nuage d’aldéhydes qui scintille sur un bouquet de fleurs blanches et de bois crémeux.

Maison
Chanel
Lancement
1921
Concentration
Parfum
Parfumeur
Ernest Beaux

Pyramide olfactive

Les notes de N°5

Notes de tête

Les premières minutes

Notes de cœur

Le caractère, pendant des heures

Notes de fond

Le sillage qui reste

Notre lecture

Comment sent N°5 ?

Composé par Ernest Beaux pour Gabrielle Chanel en 1921, N°5 a fait des aldéhydes une signature plutôt qu’un simple accent : ces molécules donnent à l’ouverture cet effet de linge propre, de cire et de champagne qui pique légèrement le nez. Dessous, l’ylang-ylang et le néroli installent une lumière chaude, presque beurrée. Le cœur est un bouquet abstrait où la rose, le jasmin et l’iris se fondent si bien qu’aucune fleur ne domine ; l’iris y ajoute sa poudre fraîche et légèrement terreuse. Le fond, lui, glisse vers un santal lacté, un vétiver sec et une vanille discrète qui arrondit l’ensemble sans le sucrer. Plus d’un siècle plus tard, c’est toujours l’étalon de la famille florale aldéhydée, et en parfum, sa texture est d’une densité veloutée.

Quand le porter

À porter par temps froid, en soirée ou pour une occasion qui mérite un certain apparat ; il séduit celles et ceux qui aiment les parfums poudrés et construits, loin des fruités contemporains.

L'histoire de N°5

Gabrielle Chanel demande en 1921 à Ernest Beaux un parfum qui ne ressemble pas aux soliflores de l'époque, ces parfums qui imitent une seule fleur. Formé à Moscou chez Rallet, fournisseur de la cour impériale, Beaux lui présente une série d'essais numérotés. Elle retient le cinquième, et le chiffre devient le nom. Les aldéhydes étaient déjà connus, mais leur dosage élevé donne à la formule son éclat abstrait. Le flacon rompt avec les flacons ouvragés du moment : un rectangle de verre presque pharmaceutique, avec un bouchon taillé que la maison relie à la place Vendôme. En 1924, Chanel s'associe aux frères Wertheimer pour fonder les Parfums Chanel. En 1952, Marilyn Monroe déclare ne porter que quelques gouttes de N°5 pour dormir, et la phrase fait le tour du monde. Andy Warhol en tire une série de sérigraphies en 1985. Plus récemment sont venues Eau Première en 2007 puis L'Eau en 2016. Notre fiche décrit l'extrait, la concentration la plus dense.

Notre avis détaillé

L'ouverture pique. Les aldéhydes donnent une sensation de savon de Marseille, de cire chaude et de bulles, et l'ylang-ylang glisse dessous une douceur qui rappelle presque la banane. En extrait, cette phase est plus ronde et moins criarde qu'en eau de toilette. Au bout d'une heure, le bouquet s'installe. On ne distingue pas vraiment la rose du jasmin, et c'est voulu. L'iris ajoute un toucher de poudre de riz. Le fond arrive tard, vers la quatrième heure. Santal crémeux, vétiver et vanille très retenue laissent alors sur la peau une odeur de propreté luxueuse. Nous aimons la cohérence de l'ensemble, qui garde son éclat du début à la fin. Le défaut tient à l'image. Pour beaucoup, il évoque la coiffeuse d'une grand-mère, et son côté savonneux peut paraître daté. Il ira aux personnes qui aiment les parfums construits et poudrés, hommes compris. Les amateurs de fruités ou de gourmands le trouveront austère, et ils n'auront pas tort de le dire.

N°5 face à ses rivaux

N°22, sorti un an après chez Chanel, est son frère immédiat. Il partage les aldéhydes et le néroli, l'ylang-ylang et le couple rose jasmin, ainsi qu'un fond de vanille et de vétiver. La différence tient à la tubéreuse et au muguet, qui le rendent plus blanc et plus lumineux, moins boisé. Arpège, lancé par Lanvin en 1927, reprend les aldéhydes et le couple rose jasmin sur un fond de santal et de vétiver presque identique. Sa pêche en tête et son muguet le rendent plus fruité et plus tendre. White Diamonds, bien plus tardif, ajoute la tubéreuse et la mousse de chêne pour un floral blanc opulent et démonstratif. Pour le floral aldéhydé de référence, N°5 reste le premier choix. N°22 ira à qui préfère les fleurs blanches. Arpège conviendra aux amateurs de rondeur, et White Diamonds à qui veut plus de glamour et de volume.

Tenue, sillage et usage

En extrait, N°5 ne crie pas. Il se porte près de la peau, avec un sillage modéré qui s'élargit par temps froid. Comptez huit heures environ, parfois davantage sur une peau grasse. Il se pose au tamponnage ou en une à deux pulvérisations selon le flacon : derrière les oreilles, à la base du cou, à l'intérieur des poignets. Il est taillé pour l'automne et l'hiver. Nous le portons le soir ou pour une occasion, mais une goutte suffit aussi au bureau, tant il reste discret à distance. En été, préférez une version plus légère comme L'Eau.

VerdictUne leçon d’abstraction florale, dont le côté savonneux et vintage peut dérouter les nez habitués aux parfums actuels.

Classé dans la famille floral, poudré , N°5 fait partie des 13 créations de Chanel présentées dans notre encyclopédie.

Questions sur N°5

Quelles sont les notes de N°5 ?

N°5 de Chanel s'ouvre sur aldéhydes, ylang-ylang et néroli. Son cœur associe rose, jasmin et iris, avant un fond de santal, vétiver et vanille.

N°5 est-il un parfum pour homme ou pour femme ?

Chanel présente N°5 comme un parfum féminin. Rien n'empêche de le porter autrement : la parfumerie contemporaine brouille volontiers ces frontières.

Quand N°5 est-il sorti ?

N°5 a été lancé en 1921 par Chanel, sur une composition d’Ernest Beaux. Il est proposé en Parfum.

En quelle saison porter N°5 ?

Idéalement en automne et en hiver. À porter par temps froid, en soirée ou pour une occasion qui mérite un certain apparat ; il séduit celles et ceux qui aiment les parfums poudrés et construits, loin des fruités contemporains.

Quels parfums ressemblent à N°5 ?

D'après leurs notes communes, les plus proches sont N°22 (Chanel), White Diamonds (Elizabeth Taylor), Arpège (Lanvin).