Œillet : quelle odeur ?
L’œillet sent d’abord l’épice : un clou de girofle net, presque piquant, adouci par une douceur rosée et une nuance de miel. Dans les compositions anciennes, il prend un tour poudré, un peu fané, évoquant la boutonnière et les salons d’autrefois. Sur la peau, sa facette épicée tient bien et se lie aux bois et aux résines pour former une chaleur sèche. Dosé avec légèreté, il donne simplement du piquant à un bouquet floral.
Origine et fabrication
L’œillet (Dianthus caryophyllus), cultivé autour de la Méditerranée, a longtemps été associé à Grasse et à la Côte d’Azur. Son absolue, obtenue par extraction aux solvants, est très coûteuse et peu utilisée. Les parfumeurs le reconstituent avec de l’eugénol et de l’isoeugénol, molécules présentes dans le clou de girofle, associées à la rose et à l’ylang-ylang. L’œillet a connu son apogée dans la première moitié du XXe siècle, avant de devenir une note plus discrète.
L'usage en parfumerie
Placé au cœur, l’œillet réchauffe les floraux et fait le lien avec les bases orientales ou boisées. Il s’accorde avec la rose, le jasmin, la cannelle, le poivre, le patchouli et les résines. Opium d’Yves Saint Laurent l’intègre à son cœur épicé, Pour Monsieur de Chanel s’en sert pour relever une construction masculine classique, et Tabac Blond de Caron l’allie au cuir et à l’iris dans un esprit Années folles.
Comment la porter
L’œillet se porte surtout en automne et en hiver ; il plaît aux amateurs de floraux épicés au charme rétro, hommes comme femmes.

