Galbanum : quelle odeur ?
Ouvrir un flacon de galbanum, c’est recevoir une gifle de vert : tige de jacinthe écrasée, poivron cru, petits pois écossés, avec une amertume presque terreuse. Derrière cette verdeur percent une facette balsamique et une nuance de pin. Sur la peau, l’attaque s’adoucit en quelques minutes et laisse un vert résineux, sec et élégant, qui structure les fleurs. Une goutte suffit : c’est l’une des matières les plus puissantes de la palette naturelle.
Origine et fabrication
Le galbanum provient de Ferula gummosa, une grande ombellifère qui pousse principalement en Iran. On incise la racine et la base de la tige pour recueillir une gomme-résine, qui est ensuite distillée en huile essentielle ou traitée en résinoïde. Connu dès l’Antiquité comme encens, il entre dans la parfumerie moderne avec les chypres verts. Sa facette de poivron vert est liée à des pyrazines, molécules perçues à des doses infimes.
L'usage en parfumerie
Le galbanum se place en tête pour donner une ouverture verte et tranchante, ou au cœur pour aérer un bouquet. Il se marie à l’iris, à la jacinthe, à la rose, à la mousse de chêne et au vétiver. Miss Dior de Dior, en 1947, l’utilise pour ouvrir un chypre vert, N°19 de Chanel l’associe à l’iris dans un floral vert devenu culte, et Vol de Nuit de Guerlain le pose en tête de sa composition.
Comment la porter
Le galbanum se porte surtout au printemps ; il séduit les amateurs de parfums verts, élégants et un peu austères, loin des sucrés.

