Cuir : quelle odeur ?
Selon sa construction, le cuir peut sentir la selle patinée, le goudron de bouleau et la fumée, ou au contraire le gant souple, poudré, presque floral. On y perçoit souvent une amertume, une facette animale un peu sale et une chaleur de peau. Sur la peau, l’accord cuir gagne en rondeur avec le temps, s’adoucit au contact des muscs et de l’ambre, et tient longtemps. C’est une note de fond, qui imprime son caractère à l’ensemble.
Origine et fabrication
L’histoire du parfum cuir commence avec les gantiers-parfumeurs de Grasse, qui parfumaient les peaux pour masquer l’odeur du tannage. Au début du XXe siècle, l’accord « cuir de Russie » s’inspire des peaux tannées au goudron de bouleau. Aujourd’hui, les parfumeurs le construisent avec du goudron de bouleau rectifié, du castoréum de synthèse, du styrax, des quinoléines à l’odeur fumée, ainsi que des molécules plus modernes aux accents de safran et de daim.
L'usage en parfumerie
Le cuir s’installe en fond ou au cœur, où il donne du caractère et de la tenue. Il s’accorde avec l’iris, la violette, le safran, le tabac, la vanille, les bois et le patchouli. Tabac Blond de Caron, en 1919, en fait un parfum féminin audacieux ; Fahrenheit de Dior le pose en fond sous la violette et les bois ; Ombre Leather de Tom Ford le met au cœur d’une composition sombre et contemporaine.
Comment la porter
Le cuir se porte surtout en automne et en hiver, en soirée ; il plaît à ceux qui aiment les parfums de caractère, sensuels et affirmés.

