Flacon de Poison Dior

Dior · 1985

Poison

Prune confite, tubéreuse et épices : le parfum le plus provocant des années 1980.

Maison
Dior
Lancement
1985
Concentration
Eau de Toilette
Parfumeur
Édouard Fléchier

Pyramide olfactive

Les notes de Poison

Notes de tête

Les premières minutes

Notes de cœur

Le caractère, pendant des heures

Notes de fond

Le sillage qui reste

Notre lecture

Comment sent Poison ?

En 1985, Dior surprend avec un nom qui sonne comme un défi, et Édouard Fléchier signe un parfum à sa mesure. Poison est une bombe ambrée dont la réputation de sillage a fait le tour des salles de restaurant. Il s’ouvre sur une prune sombre, presque liquoreuse, relevée de coriandre et d’anis qui lui donnent un éclat épicé et légèrement médicinal. La tubéreuse prend ensuite le pouvoir, épaulée par le jasmin et la rose, dans un registre capiteux et sirupeux. Le fond d’ambre, de santal et de musc prolonge le tout en une traîne chaude, fruitée et boisée. C’est une composition qui ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais à marquer ceux qui la croisent.

Quand le porter

Pour l’hiver et les soirées, avec une main très légère : une pulvérisation suffit. Les fans de parfums théâtraux et d’orientaux années 80 l’adorent.

L'histoire de Poison

Poison arrive en 1985, en pleine décennie des parfums qu'on entend venir de loin. Giorgio Beverly Hills a lancé sa tubéreuse en 1981, Chanel son Coco en 1984, et Opium règne depuis 1977. Chez Dior, le catalogue féminin repose alors sur Miss Dior, Diorissimo et Dioressence. La maison cherche un grand féminin moderne. Le choc vient d'abord du nom, inattendu pour une maison de couture. Il vient ensuite du flacon : une pomme de verre violet profond, allusion transparente au fruit défendu. Édouard Fléchier bâtit la formule sur la prune, la tubéreuse et les épices, dans un registre ambré très dense. Poison devient vite l'une des signatures olfactives des années 1980. Dior en tire ensuite une famille entière, chaque version avec sa couleur de flacon. Tendre Poison arrive en 1994 et Hypnotic Poison en 1998. Suivent Pure Poison en 2004, Midnight Poison en 2007 et Poison Girl en 2016. L'original est toujours vendu et reste le plus sombre de la lignée, celui que les autres versions ont toutes cherché à adoucir.

Notre avis détaillé

Presque médicinales, les premières secondes associent l'anis et la coriandre à une prune si mûre qu'elle tourne à l'eau-de-vie. Puis la tubéreuse avance, épaisse et appuyée par le jasmin. Elle a ce côté crème et caoutchouc qu'on lui connaît. Pendant trois ou quatre heures, Poison occupe l'espace comme peu de parfums actuels oseraient le faire. La rose n'adoucit rien. Elle ajoute du miel. En fin de journée, l'ambre et le santal laissent une traîne fruitée et poudrée, étonnamment douce après la violence du départ. Ce qui nous plaît, c'est son refus du compromis : il a une idée et la tient jusqu'au bout. Le défaut est évident. Mal dosé, il devient une agression pour l'entourage, et dans un bureau ou un train il n'a pas sa place. Il ira aux femmes et aux hommes qui aiment les grands floraux ambrés et assument d'être remarqués. Il fera fuir les amateurs de parfums de peau. Certains nez, enfin, y sentent l'époque davantage que la personne qui le porte.

Poison face à ses rivaux

Hypnotic Poison, le petit frère, date de 1998. Il garde la prune et la tubéreuse, le jasmin et la rose, mais remplace les épices par la noix de coco et l'abricot. Son fond devient vanillé et musqué. Il est plus gourmand, plus moderne et bien moins écrasant dans une pièce. Si Poison vous fait peur, commencez par lui. Opium d'Yves Saint Laurent partage la prune, le jasmin, la rose et le santal. Le girofle et l'œillet lui donnent cependant un ton épicé et résineux, là où Poison mise sur la tubéreuse. Opium est plus chaud, Poison plus floral et plus fruité. Sorti un an plus tôt, Coco de Chanel partage avec lui la coriandre et le jasmin, la rose et l'ambre. Il est plus feutré, avec une pêche et un clou de girofle qui le maintiennent dans un registre de salon. Pour une soirée habillée, Coco. Pour une entrée remarquée, Poison.

Tenue, sillage et usage

Même en eau de toilette, Poison compte parmi les parfums les plus puissants de notre catalogue. Comptez dix heures et plus sur peau, et plusieurs jours sur une écharpe en laine. Le sillage est très large pendant les quatre premières heures. Une seule pulvérisation suffit, deux au grand maximum pour une sortie en plein air l'hiver. Vaporisez-le loin du visage, sur le décolleté ou le bas de la nuque, jamais sur les poignets qu'on porte au nez toute la soirée. C'est un parfum d'automne et d'hiver, pour une soirée, un spectacle ou un dîner. À proscrire au bureau, dans les transports et par temps chaud.

VerdictUne création audacieuse et inimitable, dont la puissance réclame de la retenue à l’application.

Classé dans la famille oriental / ambré , Poison fait partie des 15 créations de Dior présentées dans notre encyclopédie.

Questions sur Poison

Quelles sont les notes de Poison ?

Poison de Dior s'ouvre sur coriandre, prune et anis. Son cœur associe tubéreuse, jasmin et rose, avant un fond d’ambre, santal et musc.

Poison est-il un parfum pour homme ou pour femme ?

Dior présente Poison comme un parfum féminin. Rien n'empêche de le porter autrement : la parfumerie contemporaine brouille volontiers ces frontières.

Quand Poison est-il sorti ?

Poison a été lancé en 1985 par Dior, sur une composition d’Édouard Fléchier. Il est proposé en Eau de Toilette.

En quelle saison porter Poison ?

Idéalement en automne et en hiver. Pour l’hiver et les soirées, avec une main très légère : une pulvérisation suffit. Les fans de parfums théâtraux et d’orientaux années 80 l’adorent.

Quels parfums ressemblent à Poison ?

D'après leurs notes communes, les plus proches sont Hypnotic Poison (Dior), Coco (Chanel), Opium (Yves Saint Laurent).