Encens : quelle odeur ?
L'oliban surprend par sa fraîcheur : ses premières facettes sont citronnées, térébenthinées et poivrées, presque pétillantes. Vient ensuite l'impression de fumée sèche, de pierre et de cire de cierge qui l'associe aux lieux de culte. Moins sucré que la myrrhe ou le labdanum, il reste aérien. Sur la peau, il se fait plus doux et balsamique au fil des heures, laissant une trace boisée, minérale et légèrement fumée.
Origine et fabrication
L'oliban est une gomme-résine qui s'écoule des incisions pratiquées dans l'écorce des Boswellia, notamment Boswellia sacra en Oman et au Yémen, et Boswellia carteri ou papyrifera dans la Corne de l'Afrique. Les larmes séchées sont ensuite distillées pour obtenir une huile essentielle, ou traitées aux solvants pour produire un résinoïde. Brûlé depuis l'Antiquité dans les temples, il était l'une des marchandises les plus précieuses de la route de l'encens.
L'usage en parfumerie
Selon la matière et le dosage, l'encens peut éclairer une tête, structurer un cœur ou fumer un fond. Il se marie aux bois, à la rose, à l'iris, au poivre, au patchouli et à l'ambre. Bleu de Chanel l'emploie en fond pour donner de la profondeur à sa fraîcheur boisée, tandis que Portrait of a Lady de Frédéric Malle l'associe à une rose sombre. Un Jardin sur le Nil d'Hermès en fait un voile discret derrière le lotus et la mangue verte.
Comment la porter
L'encens se porte surtout en automne et en hiver, le soir, mais les versions citronnées fonctionnent aussi au printemps. Il plaît aux amateurs de parfums mystérieux et contemplatifs.

