Benjoin : quelle odeur ?
Le benjoin évoque d'abord une vanille résineuse, moins sucrée que la gousse, avec des accents de caramel brûlé et de cannelle. Selon l'origine, il penche vers le chocolat et la poudre (Siam) ou vers une facette plus balsamique, presque styrax (Sumatra). Sur la peau, il ne s'évapore pas : il s'installe, tiède et enveloppant, et prolonge pendant des heures les notes qui l'entourent, avec un léger voile d'encens doux.
Origine et fabrication
La résine s'obtient en incisant l'écorce de Styrax tonkinensis, au Laos, au Vietnam et en Thaïlande (benjoin de Siam), ou de Styrax benzoin en Indonésie (benjoin de Sumatra). Elle durcit en larmes, récoltées à la main, puis traitées par solvants pour donner un résinoïde. Brûlé comme encens depuis des siècles, le benjoin fait partie des matières les plus anciennes de la parfumerie. Il contient naturellement de la vanilline et de l'acide benzoïque.
L'usage en parfumerie
Matière de fond par excellence, le benjoin sert de fixateur et de socle aux accords ambrés, aux côtés du labdanum et de la vanille. Il adoucit les bois secs, arrondit les épices et donne du moelleux aux gourmands. Terre d'Hermès l'emploie pour réchauffer son fond minéral, Vol de Nuit de Guerlain l'intègre à sa base poudrée, et Chanel l'utilise dans Coromandel pour prolonger le patchouli. Son effet : une chaleur feutrée qui dure.
Comment la porter
Le benjoin se porte surtout par temps froid et convient à ceux qui aiment les parfums orientaux, doux et réconfortants, sans excès de sucre.

