Notre lecture
Comment sent Burberry London ?
Sorti en 2006, Burberry London rend hommage à la capitale britannique, avec un flacon habillé du célèbre tissu à carreaux de la maison. Le parfum déroule un floral chaleureux et policé. L’ouverture associe chèvrefeuille mielleux, mandarine juteuse et rose. Le cœur glisse vers des fleurs blanches crémeuses : tiaré solaire, jasmin et pivoine fraîche, qui donnent un ensemble à la fois tendre et lumineux. Le fond de santal, de musc et de patchouli apporte une douceur boisée qui évoque la laine et le cuir d’un manteau. C’est un floral oriental discret, confortable, qui convient autant à la ville qu’aux journées grises.
Quand le porter
Parfait l’automne et l’hiver, en journée comme au bureau. Il plaît à celles qui cherchent des fleurs blanches chaleureuses sans excès.
L'histoire de Burberry London
En 2006, Burberry vit une période de renouveau sous la direction artistique de Christopher Bailey, arrivé quelques années plus tôt. La marque veut des parfums qui vendent l’image de Londres autant que celle du trench. Burberry London sort cette année-là en deux versions, féminine et masculine, sous licence Inter Parfums. Les flacons sont ceints d’une bande du tissu à carreaux maison, ce qui en fait parmi les plus reconnaissables de la marque. Le parfum féminin, lui, ne cherche pas l’effet. C’est un floral chaud de chèvrefeuille, de tiaré et de jasmin posés sur du santal et du patchouli. On pense à une garde-robe de ville bien coupée plutôt qu’à une robe du soir. Burberry reprend ses parfums en interne en 2012, puis confie la licence à Coty en 2017. Depuis, la marque a surtout misé sur Her et sur Goddess, et London est devenu un classique discret du catalogue. Il n’a jamais bénéficié de campagnes aussi massives que ces lancements récents, et nous le regrettons un peu.
Notre avis détaillé
Le départ est plus mielleux qu’on ne l’attend. Le chèvrefeuille domine, arrondi par une mandarine juteuse, et la rose reste en arrière-plan. Après une demi-heure, le tiaré prend la main avec une texture crémeuse, presque solaire, qui contredit l’image pluvieuse du nom. Le jasmin et la pivoine gardent l’ensemble propre. C’est la meilleure phase, douce et un peu lumineuse. Au bout de trois ou quatre heures, le santal et le patchouli ramènent de la chaleur, avec une pointe terreuse qui évite la fadeur. Nous aimons son côté confortable, jamais criard. Le défaut, c’est le manque de relief. Le parfum ne raconte plus grand-chose après la première heure, faute d’une matière forte qui le rendrait mémorable. Le miel du chèvrefeuille peut aussi tourner un peu cireux sur peau chaude. Il ira aux femmes qui veulent un floral enveloppant pour la ville en hiver, sans vanille ni sucre. Celles qui aiment les parfums à forte personnalité le trouveront trop sage.
Burberry London face à ses rivaux
Gucci Flora partage six notes avec Burberry London. Mandarine et pivoine, rose et patchouli, santal et musc se retrouvent des deux côtés. Les deux se séparent pourtant vite. L’osmanthus et les agrumes font de Flora un floral léger et poudré, plus printanier, alors que le tiaré et le chèvrefeuille donnent à London une chaleur crémeuse de saison froide. Pour l’hiver, London. Pour le printemps, Flora. Love Don’t Be Shy de By Kilian reprend le chèvrefeuille, le jasmin et la rose, mais les enrobe de caramel, de sucre et de vanille. C’est un gourmand guimauve bien plus sucré et bien plus puissant. Si London vous semble trop discret, voilà la direction à explorer. Allure de Chanel partage la mandarine, la rose, le jasmin et le santal, avec une pêche et une vanille qui le rendent plus rond et plus soyeux. C’est le plus abouti des trois, et aussi le plus classique.
Tenue, sillage et usage
Modéré en intensité, Burberry London tient de six à huit heures sur peau et davantage sur la laine d’un manteau, où le santal persiste. Le sillage reste raisonnable : présent la première heure, proche ensuite. Deux ou trois pulvérisations conviennent, une dans le cou et les autres sur la poitrine ou l’écharpe. Il se porte au bureau sans gêner personne. C’est un parfum d’automne et d’hiver, en journée comme en soirée. Au printemps, il passe encore par temps frais. En été, le chèvrefeuille et le tiaré deviennent collants et nous le laissons de côté.
Classé dans la famille floral, oriental / ambré , Burberry London fait partie des 3 créations de Burberry présentées dans notre encyclopédie.